Ce serial-entrepreneur a pitché trois startups et aucune romance.

Alors dites-moi, vous avez déjà eu l’impression d’être à un speed-dating ou on vous vendrait des parts de start-up au lieu d’un sourire ? Non ? Eh bien, bienvenue dans mon univers.

Le bar est un mix improbable entre lounge d’hôtel et café rétro. Lumière tamisée, pourtant les tables sont collées serrées comme dans un métro aux heures de pointe. Ça sent le parfum bon marché, un mélange trop sucré qui colle à la peau. Les verres tintent, certains éclats de rire nerveux fusent. Moi, je trône sur une chaise instable, mon mojito sucré glisse entre mes doigts.

Premier “client” : un gars qui commence direct avec un pitch à la Elon Musk. Trois startups en sept minutes, chrono posé sur la table comme un juge sévère. Je me prends à noter mentalement : « Résiste à l’envie de fuir ». Mais son prénom ? Impossible à retenir. Je l’appelle “Julien” alors qu’il s’appelle “Alexandre”. Il ne corrige pas. Bon, next.

Je lance mon test fétiche. Question farfelue : « Si tu étais un cocktail, lequel serais-tu ? » Silence. Il regarde sa montre. Je capte que la romance n’est vraiment pas dans son business plan.

Le roulement de chaise annonce le suivant. Un humoriste, ou du moins il essaie. Blagues plates, rires forcés, je sens que je suis la seule à ne pas vouloir sortir un fou rire strident. Pire encore, une hallucination légère me fait entendre une sirène dans le fond… Ou peut-être c’est juste la pluie fine qui colle aux vitres dehors.

Je note sur mon carnet, comme un rituel : “Reste zen. Respire. Rouge à lèvres, touche 2.” Chuchotement mantra : « Pas de drame, juste des dates. »

Dans ce moment de solitude, l’esprit s’évade, cherchant des échappatoires. Les pensées vagabondent, entraînant avec elles des souvenirs et des rêves inachevés. La scène se transforme, et tout à coup, un léger parfum de sushis flotte dans l’air, rappelant des soirées passées où la bonne humeur était servie à table. Évoquer ces instants peut apporter un réconfort inattendu. Qui n’a jamais ressenti que, parfois, le livreur de sushis a sauvé la soirée, comme le souligne l’article Dernière table, dernier espoir ?

Ces petites échappatoires, aussi simples soient-elles, offrent un répit à la mélancolie ambiante. La solitude devient alors un espace de créativité, où chaque minute peut se transformer en un récit captivant. À travers cette introspection, il est possible de découvrir des facettes insoupçonnées de soi-même. Alors, que se passerait-il si l’on laissait libre cours à ces pensées, à ces histoires, pour les transformer en quelque chose de beau ?

Puis, le vide. Pas de partenaire, juste moi face à moi-même. Parle-moi, Lola. Parle. Je me surprends à me raconter des histoires, à parler à une chaise vide. La solitude, en 7 minutes, c’est un record.

Un SMS débarque. « Tu vas gérer ce soir, je crois en toi. » Ça me fait sourire, une bouée dans ce brouillard social.

Une silhouette s’assoit enfin. Pas un entrepreneur, ni un humoriste. Un type calme, un banquier qui sort un tableau Excel. Oui, un tableau Excel. Je ris intérieurement. Le mojito a peut-être trop fait son effet.

« Tu te souviens de ce mec qui a cité sa mère à la troisième phrase ? Record battu. »

Un moment d’introspection me frappe soudain : pourquoi je cours après des minutes comptées comme si l’amour était un sprint ? Peut-être que c’est un marathon, et moi, j’ai oublié mes baskets.

La soirée s’éteint sur un dernier regard échangé. Pas de promesse, juste une tension palpable, comme un fil à couper au couteau. Vais-je revoir ce banquier Excel ou repartir en solo ? Je vous raconterai bientôt la suite. Promis.