Vous avez déjà été larguée parce que votre Mercure était en rétrograde ? Non ? Moi, si.
Je suis là, dans ce lounge d’hôtel à l’ambiance entre cocktail chic et fête d’entreprise.
Verres qui tintent, parfums bon marché qui piquent un peu le nez, lumière tamisée qui veut faire romantique mais fait surtout mal aux yeux.
Les tables sont collées comme des sardines, le gars en face a le coude qui s’incruste sur mon espace vital.
Premier « test » de la soirée : le chronomètre posé entre nous.
7 minutes. Pas une de plus.
Je le regarde, lui lance un « si tu gagnes, t’as droit à un deuxième verre »… il sourit, je note déjà que c’est pas un pro du speed dating.
Il s’appelle Thomas, ou peut-être Julien. Je confonds toujours les prénoms quand je suis nerveuse.
Il me parle d’astrologie, passionné, les yeux qui brillent.
« Tu sais, Mercure rétrograde, c’est pas une excuse, mais ça explique beaucoup. »
Je ris, un peu gênée.
Pause : je sens le goût sucré du mojito qui me monte à la tête.
Sa voix devient un bruit de fond.
Je me surprends à regarder la chaise instable à côté, comme si elle allait s’effondrer à tout moment.
Un flashback me traverse :
« Il a cité sa mère à la troisième phrase… record battu. »
Dans une ambiance déjà bien animée, l’exposé de Thomas prend une tournure inattendue. Les auditeurs, captivés par les anecdotes personnelles, s’interrogent sur l’impact de ces récits sur la compréhension du sujet. À ce moment-là, l’humour et les références familières créent un lien fort avec le public, transformant l’exposé en une véritable performance. Ce mélange de légèreté et de profondeur rappelle les moments de convivialité évoqués dans l’article Dernière table, dernier espoir, où des imprévus se transforment en souvenirs mémorables.
Alors que l’exposé s’intensifie, Thomas, avec une détermination palpable, plonge dans des concepts plus complexes. Les visages se tournent vers lui, attentifs et curieux, prêts à explorer les mystères de l’univers qu’il s’apprête à dévoiler. L’atmosphère est électrique, et le public est engagé comme jamais. Qui sait quelles révélations fascinantes attendent à chaque tournant de son discours ?
Thomas continue son exposé cosmique.
Je pose ma question farfelue fétiche : « Si tu étais un cocktail, lequel serais-tu ? »
Il répond « Un spritz, parce que je suis pétillant mais parfois amer. »
J’hésite à rire ou à pleurer.
Soudain, il me largue.
Pas avec un texto, non. En direct.
« C’est ton Mercure rétrograde, je le sens, c’est pas le moment pour nous. »
Je cligne des yeux, bouche bée.
La lumière clignote, le bruit des verres se fait plus fort, mes pensées plus floues.
Un SMS arrive, je le lis en diagonale, un message d’un ex qui veut « qu’on parle ».
Le timing est parfait, ou catastrophique.
Je note vite sur mon carnet « Mercure me joue des tours, mais je reviendrai plus forte. »
Je change de rouge à lèvres, chuchote mon mantra : « Reste cool, reste fun, reste toi. »
Je me lève, le rooftop venteux m’accueille, la brise chaude me rappelle que la nuit est encore jeune.
Je ne sais pas si je reviendrai à ce speed dating, mais je vous raconterai la suite.
Parce que parfois, même quand tout part en vrille, il y a une histoire à écrire.